Focus sur nos laboratoires

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«LYOS : Ostéoporose, Métastases Osseuses, Lyon» www.lyos.fr

  Il s’agit de l’unité INSERM 1033 (Lyon) dirigée par le Dr. Philippe Clézardin et intitulée “Physiopathologie, Diagnostic et Traitements des Maladies Osseuses”. Elle développe, à partir de données fondamentales, une recherche translationnelle et clinique sur les maladies osseuses bénignes et malignes.

  EQUIPE 1 (Prof. Roland Chapurlat): Approches Epidémiologique et Clinique des Maladies Osseuses.

  L’équipe a pour objectif d’aborder les maladies osseuses comme l’ostéoporose dans une approche de recherche clinique, à l’aide de plusieurs cohortes épidémiologiques (OFELY, QUALYOR, STRAMBO), ainsi que de tester des traitements dans le cadre d’essais cliniques en oncologie (NEOZOL). Les relations de l’ostéoporose avec d’autres pathologies comme les maladies cardio-vasculaires et l’insuffisance rénale sont également concernées. De nouvelles techniques biologiques et d’imagerie, utilisées par très peu d’équipes dans le monde, sont utilisées. La prise en charge clinique des malades atteints de ces maladies osseuses est susceptible d’être fortement modifiée par les résultats de nos travaux.

  Qualité Osseuse et Prédiction de la Fragilité Osseuse

  Amélioration de la prédiction des fractures chez la femme. Nos objectifs sont: a) l’analyse longitudinale du risque de fracture vertébrale et non vertébrale à 10 ans, et sa relation avec  les variables architecturales. L’analyse prendra aussi en compte les déterminants cliniques, la DMO mesurée par DXA, l’analyse de texture, le niveau de remodelage osseux, l’analyse d’éléments finis, et concernera les femmes dont la DMO est basse mais aussi celles dont la DMO est modérément ou peu abaissée ; b) la comparaison de la prédiction des fractures à 10 ans obtenue avec les variables architecturales et avec le score FRAX ; c) l’analyse longitudinale de la variation des variables architecturales sur 10 ans, y compris chez les femmes en péri-ménopause ; d) l’analyse des déterminants de ces variations architecturales: cliniques (âge, composition corporelle, ménopause…), environnementaux (nutrition, activité physique…), biochimiques (marqueurs) et hormonaux.

  Déterminants de la perte osseuse et des fractures chez l’homme. Les facteurs de risque de fracture actuellement utilisés chez l’homme ne permettent pas un dépistage suffisant de la population à risque de fracture. De nouveaux facteurs méritent d’être établis, à l’aide d’explorations de l’architecture osseuse notamment (cohorte STRAMBO).

  2.         Ostéoporose et Maladies Cardiovasculaires

  Relation entre ostéoporose et maladies cardiovasculaires chez l’homme. Une relation épidémiologique entre les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose a été observée chez la femme, et les explications biologiques sont en cours d’exploration. Il n’y a en revanche que très peu de données chez l’homme, alors que les maladies cardiovasculaires sont plus fréquentes. Les marqueurs cliniquement utiles de l’association entre les maladies cardiovasculaires et la fragilité osseuse chez l’homme restent donc à déterminer. Dans l’analyse transversale, nous analysons l’association de ces marqueurs avec les variables cardiovasculaires de base et le statut osseux. Dans l’analyse prospective, nous évaluons leur utilité pour prédire les fractures et les événements cardiovasculaires, ainsi que la détérioration de la microarchitecture et des calcifications aortiques. Nous déterminons si certains de ces marqueurs sont utiles pour détecter les hommes à risque élevé de fracture et d’événement cardiovasculaire.

  Relation entre maladie cardiovasculaire, nutrition et ostéoporose chez l’insuffisant rénal chronique. Les patients insuffisants rénaux chroniques développent de façon rapide des calcifications vasculaires et ont un risque élevé d’événements cardiovasculaires. Ils souffrent aussi d’hyperparathyroïdie secondaire et d’une perte osseuse accélérée. Nous allons caractériser les modifications probablement précoces de la microarchitecture et leur relation avec la fonction rénale, avec les variables nutritionnelles ainsi que les facteurs de risque et les événements cardiovasculaires chez des insuffisants rénaux chroniques.

  Modifications de la Qualité Osseuse en Réponse aux Traitements à Visée Osseuse

  L’évaluation clinique des médicaments de l’ostéoporose nécessitent actuellement la réalisation d’essais cliniques randomisés contrôlés contre placebo sur 3 ans, mesurant la variation du risque de fracture par fragilité. L’existence de nombreux traitements ayant démontré leur efficacité anti-fracturaire rend l’inclusion de patients sous placebo de plus en plus difficile éthiquement. En outre, la conduite d’essais contrôlés contre un traitement de référence est extrêmement complexe car les tailles d’échantillons sont considérables. Le développement de critères intermédiaires est donc vital pour la poursuite du développement de nouveaux traitements à visée osseuse.

  Nous disposons de données d’une cohorte de patients fracturés traités par bisphosphonates ou par teriparatide. Une analyse des modifications des variables architecturales et de la résistance osseuse par analyse d’éléments finis va être réalisée, en utilisant les résultats de mesures par HR-pQCT aux tibia et radius distaux. Nos principaux objectifs sont de démontrer en réponse aux traitements: 1) des modifications architecturales précoces, 2) une augmentation de la résistance osseuse.

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  Cancer et Progression Métastatique Osseuse

  Un essai clinique (NEOZOL) comparant les effets de l’acide zolédronique à celui d’un placebo chez des femmes recevant une chimiothérapie néoadjuvante dans un contexte de  cancer du sein localement avancé est en cours d’étude. Le but est d’établir en clinique humaine les effets anti-tumoraux de ce bisphosphonate, constatés dans les études pré-cliniques. Les bénéfices peuvent être de potentialiser les effets anti-tumoraux de la chimiothérapie et de limiter le risque de métastases. Le but de cette étude étant explicatif du mécanisme d’action de l’acide zolédronique, le critère de jugement principal est la variation de la concentration de VEGF avant traitement après chimiothérapie, pendant la chirurgie. L’impact sur les cellules tumorales médullaires, sur les marqueurs de l’apoptoseet sur le taux de conservation du sein sont aussi étudiés.

  EQUIPE 2 (Drs Philippe Clézardin et Olivier Peyruchaud): Génomique Fonctionnelle et Traitements des Métastases Osseuses.

  Du fait des progrès réalisés dans le traitement des cancers, la mortalité des patients est essentiellement liée à l’apparition de métastases. Dans ce contexte, les métastases osseuses surviennent dans 70 à 80% des stades avancés du cancer du sein ou de la prostate. Or ces métastases osseuses peuvent engager le pronostic vital ou interférer rapidement avec la qualité de vie des patients. Il est donc essentiel de comprendre les mécanismes moléculaires qui précèdent l’apparition des lésions ostéolytiques afin de développer de nouvelles thérapies contre la formation des métastases osseuses. En outre, l’étude de l’interaction entre le milieu médullaire et osseux d’une part et la cellule tumorale d’autre part est susceptible d’améliorer notre connaissance de la biologie de la tumeur elle-même.

  Notre projet se base sur des études transcriptomiques réalisées dans le cadre d’un consortium européen (METABRE, 2004-2007). Nous avions comparé le profil d’expression génique des cellules de carcinome mammaire ostéotropique B02 avec celui des cellules de la lignée parentale MDA-MB-231. Les profils d’expression génique de ces deux lignées furent également comparés à ceux obtenus avec des tumeurs primitives et des métastases (pulmonaires, cérébrales et osseuses) provenant de patientes ayant eu un cancer du sein. Il fut alors observé que des cellules du cancer du sein qui métastasaient à l’os (mais pas dans les viscères) mimaient les cellules osseuses normales en exprimant des gènes d’origine ostéoblastique ou ostéoclastique. Ce processus est appelé ostéomimétisme. Afin de valider fonctionnellement ces gènes impliqués dans l’ostéomimétisme, nous avons engager une collaboration avec R. LIDEREAU (projet INCa-DHOS) au cours de laquelle les animaux métastatiques sont traités avec des anticorps qui reconnaissent chacune des protéines ostéomimétiques que nous avons identifiées. Nous saurons ainsi quels rôles respectifs jouent ces protéines dans la formation des métastases osseuses.

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  Notre programme de recherche a deux orientations complémentaires: l’une à visée cognitive et l’autre à visée thérapeutique. Les objectifs sont 1) d’analyser des “régulateurs” (ERRα, microRNAs) susceptibles de contrôler l’expression de certains gènes associés à l’ostéomimétisme des cellules cancéreuses, 2) d’identifier des gènes suspectés d’être impliqués dans le tropisme des cellules cancéreuses à l’os (Robo/Slit, RANK/RANKL), et 3) d’étudier le rôle du LPA (et ses récepteurs) et de l’autotaxine dans la dissémination métastatique et dans la biodynamique du tissu osseux en situation physiologique et pathologique (métastase, ostéoporose). Dans la partie à visée thérapeutique de notre programme de recherche nos objectifs sont 1) d’identifier les mécanismes anti-tumoraux des bisphosphonates dans des modèles animaux de tumeurs et métastases, 2) d’évaluer l’efficacité anti-tumorale du zolédronate dans la partie exploratoire de l’essai clinique NEOZOL.

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 EQUIPE 3 (Dr. Georges Boivin): Qualité Osseuse et Marqueurs Biologiques.

  Le niveau d’investigation de cette équipe s’accroît sans perdre de vue les aspects clinique et thérapeutique de nos objectifs de recherche. Nos principaux objectifs scientifiques sont 1) de caractériser les déterminants de la qualité osseuse (aux niveaux architectural, minéral et organique, mécanique …), 2) d’analyser les mécanismes d’action d’agents à visée thérapeutique (bisphosphonates, ranélate de strontium …) sur ces déterminants de la qualité osseuse, et 3) d’identifier de nouveaux marqueurs biologiques de la qualité osseuse et du développement précoce des métastases osseuses. Plusieurs projets transversaux sont en cours avec les deux autres équipes de l’Unité. Des dosages sont développés en partenariat avec des sociétés de diagnostic pour assurer l’industrialisation et la valorisation des résultats de l’équipe.

  L’équipe s’appuie sur une approche pluridisciplinaire des déterminants de la qualité osseuse aux différentes échelles organisationnelles de l’os grâce à des méthodes pour la plupart disponibles au laboratoire. Nous utilisons en routine l’histomorphométrie osseuse et la microradiographie quantitative. A ces méthodes, se sont ajoutés récemment, la microdurimétrie, la microspectroscopie infrarouge par transformée de Fourier, la microanalyse X, les diffractions X et électronique, les tests mécaniques, la microarchitecture in vitro, les simulations numériques (modèles éléments finis). Au niveau international, très peu de centres possèdent et maitrisent ces techniques et sont capables de les valider pour les appliquer ensemble à l’os humain normal et pathologique ainsi qu’aux échantillons osseux d’origine animale. Afin de compléter cette approche, de nouvelles méthodes comme la microindentation instrumentée (collaboration avec l’INSA, Lyon) sont validées sur des échantillons osseux. Cette Equipe est reconnue internationalement dans le domaine des marqueurs biologiques du remodelage osseux et a été pionnière dans l’identification de plusieurs de ces marqueurs. Elle maitrise les différentes compétences techniques (analyse biochimique des protéines osseuses, mise au point de tests ELISA, modèles de cultures de cellules et explants osseux, biologie cellulaire et moléculaire, analyse LC/MS) nécessaires à la mise au point de marqueurs biologiques et leur validation clinique dans les cohortes de patients recrutés.

  Déterminants de la Qualité Osseuse.

  Propriétés du minéral et du collagène et qualité osseuse. La densité minérale osseuse est un déterminant important de la résistance osseuse, mais elle ne permet pas d’expliquer à elle seule la survenue des fractures ostéoporotiques. D’autres facteurs interviennent donc dans la qualité osseuse qui reste peu étudiée au niveau du cristal dans l’os humain. La microspectroscopie infrarouge par transformée de Fourier permet d’obtenir des informations moléculaires sur le minéral osseux et la matrice organique. Afin de préciser les modifications de la qualité minérale osseuse au cours de la survenue de la ménopause, nous participons à un projet de recherche sur 5 ans (2009-2013, grant du NIH). Il s’agit de l’évaluation de la qualité osseuse chez des femmes ménopausées fracturées ou non mais appariées pour l’âge et la masse osseuse.

  Qualité osseuse et sites squelettiques. Les vertèbres et les cols fémoraux sont les sites principaux des fractures dans l’ostéoporose. Ce projet vise à caractériser les paramètres entrant en jeu dans la fragilité vertébrale et fémorale tant au niveau global que local. Un objectif important de ce travail sera de mieux cibler les patients à risque de fracture élevé justifiant une intervention thérapeutique, ceci en vue d’accroitre le rapport coût/efficacité du traitement de l’ostéoporose. Ce projet est d’abord réalisé sur vertèbres entières (L3) et sur échantillons trabéculaires vertébraux (L2). Les interactions entre densité, microarchitecture, minéralisation, caractéristiques du collagène, microfissures, microdureté, et les tests mécaniques sont étudiées sur ces vertèbres lombaires humaines. La caractérisation mécanique sert à identifier les propriétés des matériaux constituant le corps humain et permet de valider les effets des modifications physiologiques ou pathologiques, tandis que la modélisation numérique permet de simuler le comportement des matériaux (os) soumis à différentes sollicitations mécaniques.

  Ce projet est étendu à une analyse multifactorielle de la qualité osseuse de plusieurs pièces squelettiques humaines d’un même individu (radius, tibia, os iliaque, extrémité supérieure du fémur) souvent touchées par les fractures ostéoporotiques. Nous voulons acquérir une meilleure connaissance des mécanismes conduisant à la fragilité osseuse accrue qui caractérise l’ostéoporose et, en particulier, savoir si la qualité osseuse est différente selon les sites porteurs et non-porteurs. Ceci pourrait expliquer pourquoi différents sites sont touchés ou prédisposés par l’ostéoporose.

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  BALA Y, FARLAY D, BOIVIN G.  Bone mineralization: from tissue to crystal in normal and pathological contexts. Osteoporos Int 2012, DOI 10.1007/s00198-012-2228-y.

  2. Mécanismes d’action d’agents à Visée Thérapeutique sur les Déterminants de la Qualité Osseuse.

  Les traitements (antirésorptifs, ostéoformateurs, mixtes) des maladies osseuses fragilisantes (ostéoporoses, métastases osseuses) sont principalement abordés,  afin de mieux comprendre leurs mécanismes d’action sur la qualité osseuse.

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  BALA Y, FARLAY D, BOIVIN G.  Bone mineralization: from tissue to crystal in normal and pathological contexts. Osteoporos Int 2012, DOI 10.1007/s00198-012-2228-y.

  3.         Marqueurs Biologiques de la Qualité Osseuse et des Métastases Osseuses.

  Nous développons des projets entièrement nouveaux : 1) identification de marqueurs biologiques sensibles et spécifiques du périoste, 2) mise au point de nouveaux marqueurs biologiques pour la détection précoce des métastases osseuses, et nous poursuivrons l’analyse des modifications post-traductionnelles des protéines osseuses, collagène et protéines non-collagéniques, pour mettre au point des marqueurs biologiques de la qualité osseuse.

  Marqueurs biologiques du périoste. Les objectifs de ce projet sont 1) identifier un (des) marqueur(s) biologique(s) reflétant de manière plus spécifique l’activité métabolique du périoste, 2) développer une méthode sensible de détection de ces marqueurs dans les liquides biologiques, notamment le sérum, et 3) évaluer l’intérêt clinique de ces marqueurs, en association avec les marqueurs biochimiques conventionnels et les techniques d’imagerie médicale. Le premier marqueur candidat est la périostine (POSTN) et ses dérivés gamma carboxylés. Cette protéine est préférentiellement localisée dans le périoste et nous avons récemment développé un dosage sérique chez la souris.

  Marqueurs biologiques précoces de l’invasion métastatique du tissu osseux. Au site osseux, les cellules cancéreuses stimulent la sécrétion de protéines stromales spécifiques qui peuvent constituer des marqueurs précoces des métastases osseuses. Les objectifs de ce projet sont 1) d’identifier des marqueurs spécifiques de la réaction stromale osseuse, 2) de développer un dosage sensible pour la détection de ces marqueurs dans le sang et 3) d’évaluer l’intérêt clinique de ces marqueurs notamment pour le diagnostic précoce des métastases osseuses et leur progression. Nous identifierons ensuite d’autres marqueurs candidats de la réaction stromale osseuse en utilisant les données des analyses transcriptomiques différentielles comparant le stroma osseux de souris métastatiques par rapport à celui de souris non métastatiques. Ces données sont déjà disponibles pour les métastases prostatiques et nous projetons de générer ces résultats dans le modèle murin de cancer du sein maîtrisé au laboratoire.

   Principaux Projets Transversaux entre les Equipes de l’Unité.

  Etude multi-sites osseux (équipes 1 + 3). Ce projet est fondé sur un constat clinique: certains patients ont plus de prédispositions à se fracturer le col du fémur que la vertèbre sans autres facteurs influents apparents. Les prélèvements osseux effectués dans le cadre du projet multi-sites sont également analysés avec les méthodes classiques utilisées in vivo chez des patients. Le but étant de déterminer quels sont les facteurs prédictifs des fractures selon les sites concernés.

  Caractérisation des propriétés biomécaniques des métastases osseuses (équipes 2 + 3). Ce projet entièrement nouveau se fonde sur un constat clinique: le médecin ne dispose pas d’outils qui lui permettent de déterminer si un patient avec des métastases osseuses doit subir une intervention chirurgicale pour prévenir l’apparition d’une fracture pathologique. Les caractéristiques osseuses (minéralisation et microdureté) et la résistance mécanique des métastases osseuses provenant d’os longs de souris (avec ou sans traitement avec un bisphosphonate) sera mesurée par rapport à celle des os longs de souris femelles normales ou ayant eu une ovariectomie (induit une perte osseuse comparable à celle observée dans l’ostéoporose). Une analyse des éléments finis sera également réalisée. Le but ultime de ce travail est de pouvoir prédire, par modélisation et chez l’homme, si la métastase est susceptible de causer une fracture pathologique.

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            L’Institut de Physiologie et de Biologie Cellulaires (IPBC), est un laboratoire pluridisciplinaire et multi-thématique d’environ 80 statutaires s’articulant autour de 5 équipes : 
- Physiologie, Pathologies & Pharmacologie des Canaux Ioniques (PPCI)
- Signalisation Calcique, Microenvironnement et Cellules Souches (SCMCS)
- Physiopathologie de la Communication et de la Différenciation Cellulaires (PCDC)
- Transports Ioniques & Mucoviscidose (TIM)
- Pathologies Moléculaires de l’Adressage  et de la Signalisation (PMAS)
Ces équipes de recherche se situent au sein du Pôle Biologie Santé du campus de la Faculté des Sciences Fondamentales et Appliquées de l’Université de Poitiers.

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            L’IPBC, dirigé par le Prof. Frédéric Becq, s’appuie sur des plateformes et plateaux techniques et s’intéresse en priorité aux canaux et transporteurs ioniques en liens avec la physiologie et la physiopathologie humaine avec des approches méthodologiques allant du gène à la protéine canal et de la cellule à l’animal. En particulier, notre laboratoire est une référence dans le domaine de l’électrophysiologie cellulaire et moléculaire disposant d’un panel très large de méthodologies (patch-clamp toutes configurations et tous types de cellules, microélectrodes, double patch-clamp, patch-clamp couplé à l’analyse de surface ou à la mesure de flux calciques, courant de court-circuit). Nos projets de recherche abordent la compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires à l’origine des maladies telles que mucoviscidose, myopathies, cancer, leucémie, cardiopathies, génétique des maladies rares ou bien encore la recherche de molécules innovantes d’intérêt thérapeutique. L’IPBC est également très engagé dans des projets à l’interface chimie-biologie avec le développement et l’évaluation biologique de composés issus de la synthèse chimique et de substances naturelles isolées à partir de plantes.
L’IPBC est depuis le 1er janvier 2012 devenue FRE n°3511, après avoir été labellisé UMR CNRS n°6187 de janvier 2004 à décembre 2011 et UMR 6558 précédemment.

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Au sein de l’équipe « Physiopathologie de la Communication et de la différenciation cellulaires (PCDC) dirigée par Marc Mesnil, l’activité du groupe « Implications Physiopathologiques et Physiologiques des Connexines » (IP2C) se concentre sur l’étude du rôle des jonctions communicantes (aussi appelées jonctions gap) et de leurs composants (connexines) dans la migration et la dissémination des cellules cancéreuses en s’appuyant sur 2 modèles tumoraux connus pour être particulièrement invasifs ou métastatiques : les gliomes et le cancer de la prostate. Ceci nous a permis de montrer notamment que la connexine43 (Cx43), majoritairement exprimée dans les tissus d’origine de ces tumeurs, est liée aux capacités de dissémination de ces deux types de cellules cancéreuses.

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Principales techniques mises en œuvre au sein du groupe « Implications Physiopathologiques et Physiologiques des Connexines »
            L’aspect osseux des problématiques développées dans l’équipe par Laurent Cronier se situe dans le cadre du pouvoir métastatique des cellules cancéreuses de prostate. Il est apparu que le niveau d’expression de la Cx43 non seulement altère les propriétés intrinsèques des cellules cancéreuses prostatiques humaines (en facilitant leur ciblage osseux à condition que cette connexine soit présente à la membrane) mais module également leur réponse phénotypique à l’environnement osseux.

13.jpg Effets de la surexpression de Cx43 dans les cellules tumorales prostatiques (LNCaP) sur l’impact osseux in vivo. Enregistrements représentatifs de microtomographie (μCT) et de tomoscintigraphie (SPECT-CT) à 20 et 40j après l’injection intratibiale des cellules tumorales chez la souris Nude. Noter l’importante destruction osseuse constatée avec les LNCaP Cx43 (cercle rouge), alors que l’analyse des sites ostéogéniques ne montre aucune différence significative.

           
L’ensemble des projets en lien avec la physiopathologie osseuse sont réalisés avec la collaboration du Prof. Françoise Debiais, chef du service de rhumatologie au CHU La Milétrie de Poitiers, chercheur associé à notre équipe et membre du bureau de la SFR.
            Enfin, très récemment, nous avons développé au sein du groupe une étude complémentaire visant à prendre en compte le rôle des vaisseaux lymphatiques dans la dissémination des cellules de cancer de la prostate. Les résultats obtenus nous ont permis de conclure que les jonctions communicantes semblent nécessaires pour la mise en place de la lymphangiogenèse.
Mots clés : Communication hétérocellulaire directe - dissémination tumorale - cancer de la prostate - ciblage osseux.

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07.2012: L’U957 de Nantes en 3 lettres : T.O.P. L’unité INSERM 957 s’intéresse aux TOP. L’occasion de revenir, avec  Frédéric Blanchard (chargé de recherche Inserm) sur ces tumeurs qui se développent dans et au dépend de notre squelette.a1.jpgL’U957 intitulée « Laboratoire de Physiopathologie de la Résorption Osseuse » ou LPRO est une équipe jeune crée en 1999. Son directeur est le Pr. Dominique HEYMANN. Elle a été labellisée par la Ligue contre le Cancer.Les TOP, c’est quoi ?Les tumeurs osseuses primitives (TOP) regroupent l’ostéosarcome, le chondrosarcome et le sarcome d’Ewing. Le microenvironnement tumoral osseux est une véritable « niche » qui contrôle la croissance des TOP. Le programme de recherche du labo vise à mieux définir ce microenvironnement, source de cibles thérapeutiques cellulaires et moléculaires. a2.jpg 

     Osteosarcome                  Trichrome                       Ostéoclastes en M.E.B.

 

Qu’y a-t-il dans le microenvironnement tumoral osseux ?
·  Des cellules : ostéoclastes, ostéoblastes, cellules souches mésenchymateuses, péricytes, cellules endothéliales, macrophages et lymphocytes.
·  Des molécules de communication entre ces cellules : la famille du TNFa (OPG, RANK, RANKL, TRAIL), de l’IL-6 (Oncostatine M, LIF), du M-CSF (IL-34), des Wnt (DKK1, sclérostine), le TGFb et la connexine 43 (jonction gap). 
De nouvelles approches thérapeutiques ?
Nous développons des modèles animaux de TOP et grâce à l’imagerie (micro-tomographie, imagerie TEP, scintigraphie osseuse, imagerie en luminescence et fluorescence in vivo), nous pouvons étudier leur développement et les lésions osseuses qu’elles induisent. De nouvelles thérapies géniques sont alors testées (vecteurs synthétiques, électro-transfert, adénovirus, AAV et lentivirus). Nous utilisons des siRNA, microRNA, des anticorps neutralisants, des inhibiteurs pharmacologiques de kinases ou des souris KO.
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 tumeur primitive    métastase         tibia sain    Sarcome d’Ewing  +zolédronate 

à gauche: Détection par bioluminescence à partir de cellules exprimant la luciférase
à droite: Image microtomographique révélant le processus ostéolytique induit par des cellules de sarcomes d’Ewing et la protection osseuse obtenue avec le zoledronate.   
   
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Modélisation moléculaire : identification de peptides inhibiteurs de la liaison RANK-RANKL.
 
Des essais cliniques ?
·  Le laboratoire collabore avec l’équipe “Génétique du chien” de l’UMR 6061 de Rennes autour de la Biobanque Cani-DNA et des Ostéosarcomes chez le chien. 
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·  Le laboratoire a initié le programme OS2006/EURAMOS, référence pour le traitement des patients adultes et pédiatriques atteints d’ostéosarcome en France, associant le zometa® (zoledronate, agent anti-résorption osseuse) aux traitements conventionnels de chimiothérapie et de chirurgie.
Qui soutient l’U957?
Ils sont nombreux mais on peut citer :
·  L’association de patients « Info Sarcomes » a choisi de reverser 100% des dons perçus sur l’année 2012 à Françoise Rédini pour ses travaux portant sur les analyses biologiques associées à l’essai clinique OS2006. Info Sarcomes affiche un partenariat officiel avec les experts du GSF-GETO et de la SFCE. 
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·  La « Fondation Arthritis »  soutient l’étude de Dominique Heymann sur l’IL-34, une nouvelle cytokine récemment découverte. Compte tenu de son rôle dans l’ostéoclastogenèse et dans l’inflammation, elle est susceptible de jouer un rôle dans la pathogenèse de l’arthrite rhumatoïde et pourrait donc constituer une nouvelle cible thérapeutique. 
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Votre dernière publication ?
Nous avons montré que les monocytes / macrophages induisent l’ostéogenèse des cellules souches mésenchymateuses.
Ce dialogue est assuré par les cytokines de la famille de l’IL-6 et pourrait avoir un rôle majeur lors d’infection, inflammation ou fracture osseuse.
Guihard P, et al. Induction of Osteogenesis in Mesenchymal Stem Cells by Activated Monocytes/Macrophages Depends on Oncostatin M Signaling. Stem Cells. 2012;30:762-72 
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Dialogue entre les macrophages et les MSC

Quelques autres publications :
Chemel M, et al. Interleukin 34 expression is associated with synovitis severity in rheumatoid arthritis patients. Ann Rheum Dis. 2012;71:150-4.
Rousseau J, et al. Formulated siRNAs targeting Rankl prevent osteolysis and enhance chemotherapeutic response in osteosarcoma models. J Bone Miner Res. 2011;26:2452-62.Odri GA, et al. Zoledronic acid as a new adjuvant therapeutic strategy for Ewing’s sarcoma patients. Cancer Res. 2010;70:7610-9.
Moriceau G, et al. Zoledronic acid potentiates mTOR inhibition and abolishes the resistance of osteosarcoma cells to RAD001 (Everolimus): pivotal role of the prenylation process. Cancer Res. 2010;70:10329-39.
Lamoureux F, et al. Glycosaminoglycans as potential regulators of osteoprotegerin therapeutic activity in osteosarcoma. Cancer Res. 2009;69:526-36. 

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Nantes vue du laboratoire
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La Fac de Médecine ou est situé le laboratoire
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devant la voie de signalisation de RANK…
Retrouvez nous sur : www.u957.univ-nantes.fr
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Bioingénierie Tissulaire, Bordeaux
logo.jpg accueil_groupe.jpgL’Unité mixte de recherche Inserm U1026, “Bioingénierie Tissulaire” « BioTis » créée au 1er Janvier 2011, développe une recherche dans le domaine de la médecine régénératrice et principalement sur la régénération osseuse et vasculaire. En effet, dans certaines conditions cliniques, l’implantation de biomatériaux ne permet pas de régénérer un tissu présentant toutes les propriétés biologiques et mécaniques, requises pour assurer sa fonction. Les deux principales applications développées dans notre Unité concernent la régénération de vaisseaux de petit diamètre et la régénération de tissu osseux, dont les mécanismes de reconstruction sont étroitement liés au processus de néovascularisation.

Depuis les années 1985, notre équipe, s’est appuyée sur le concept d’ingénierie tissulaire, pour développer de nouvelles technologies d’assemblages cellulaires, moléculaires et matricielles et des stratégies thérapeutiques pour le remplacement de tissus.

Ces produits d’ingénierie tissulaire associent :i) une composante matricielle, synthétique ou artificielle, ii) une composante cellulaire ou tissulaire, iii) des facteurs biochimiques et mécaniques. Le développement de ces stratégies, au carrefour des sciences du vivant et des sciences de l’ingénierie, devrait déboucher sur de nouvelles familles de produits, aux côtés des médicaments, des dispositifs médicaux, et des transplantations de tissus ou d’organes (dont les limites et risques sont bien connus) dont médecins et chirurgiens pourront faire bénéficier les patients pour l’amélioration de leur qualité de vie.

Cette recherche pluridisciplinaire que nous menons au sein de BioTis s’appuie sur des compétences en chimie et physicochimie des matériaux, en biologie des cellules souches et progéniteurs, en modèles précliniques pour évaluer ces produits d’ingénierie tissulaire et leur devenir après implantation dans la partie lésée.

Notre équipe est composée d’une trentaine de personnes, des physico-chimistes, des biologistes, des cliniciens rassemblés autour de trois programmes interactifs. Au travers de cette pluridisciplinarité, les missions de notre unité “Bioingénierie tissulaire” ont pour but de faire converger nos potentiels humains et techniques vers des innovations technologiques et l’analyse pointue des mécanismes biologiques, au service de l’ingénierie tissulaire.

  • Le premier programme s’intitule « Les cellules souches adultes humaines et leur comportement au sein d’un produit d’ingénierie tissulaire ».

Il consiste à étudier l’interaction entre, d’une part, des cellules souches adultes (mésenchymateuses issues de la moelle ou du tissu adipeux, ou endothéliales issues du sang périphérique), et d’autre part, une matrice synthétique ou naturelle, dont la surface pourra être modifiée de façon finement contrôlée, de façon à lui conférer des propriétés biologiques particulières.

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Une première approche est centrée sur le développement de surfaces micro- ou nano-structurées. Parmi les objectifs de cet axe figurent, i). le greffage de peptides avec une densité et une répartition spatiale parfaitement contrôlée, de façon à moduler l’adhésion, la migration, la prolifération, ou la différenciation de types cellulaires spécifiques, ii) l’immobilisation de nanoparticules capables de libérer de façon contrôlée des antibiotiques ou des anti-inflammatoires.

Un second domaine dédié à des approches de biologie cellulaire a pour objectif de mieux comprendre l’influence de différents paramètres du micro-environnement des cellules souches sur leur phénotype et leur fonction. Sont abordés en particulier l’influence des paramètres des forces de cisaillement et de compression qui, au sein d’une matrice bi- (2D) ou tri-dimensionnelle (3D), peuvent moduler le comportement de ces cellules souches adultes. Un autre aspect original du projet, basé sur un point fort de l’activité de l’Unité, est l’étude au sein de cet environnement des interactions fonctionnelles entre cellules souches mésenchymateuses et cellules endothéliales.

Cet axe a pour objectif de mettre en évidence le bénéfice de ces interactions pour favoriser l’émergence de structures vascularisées au bénéfice de l’ostéogénèse.

La troisième partie de ce programme a pour mission d’étudier le devenir des cellules souches in vitro et in vivo à l’aide d’une approche méthodologique innovante. Il s’agit de créer les outils moléculaires permettant de suivre de façon non invasive la destinée des cellules (localisation, prolifération, différenciation) aussi bien en 2D qu’en 3D, aussi bien in vitro qu’in vivo lorsque les produits d’ingénierie tissulaire sont implantés chez l’animal. Le suivi des cellules peut être réalisé par imagerie photonique (fluorescence, bioluminescence) et gamma (Micro-SPECT, PET-CT).

  • Le second programme « Interfaces tissu hôte/produits d’ingénierie tissulaire » est complémentaire du programme 1 et vise à analyser les réactions induites par le matériau cellularisé et/ou fonctionnalisé chez le tissu hôte, en particulier en termes de phénomènes inflammatoires, angiogenèse et néoformation osseuse.

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Plusieurs modèles animaux sont développés au sein de l’unité, notamment chez la souris et le rat immunodéficients pour l’étude des matériaux cellularisés par les cellules humaines. L’étude des substituts vasculaires / osseux est principalement réalisée chez le gros animal (cochon, mouton et chèvre) en collaboration avec le CIC-IT Biomatériaux Inserm 0802 et la PTIB (Plateforme Technologique d’Innovation Biomédicale, Xavier Arnozan).S’agissant du suivi de la régénération du tissu osseux, les outils d’imagerie non invasifs sont privilégiés (imagerie photonique, IRM, micro-CT, micro-SPECT).

S’agissant des substituts vasculaires, nous étudions les éventuels mécanismes inflammatoires liés à la fonctionnalisation et l’endothélialisation de substituts vasculaires aussi bien in vitro (suivi de l’activation du complément et activation plaquettaires) qu’in vivo après implantation chez le mouton, notamment par des techniques d’imagerie disponibles au sein de l’Institut de Bio-imagerie de l’Université Bordeaux Segalen.

  • Le troisième programme est intitulé « l’Ingénierie tissulaire assistée par laser ».

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Ce programme vise à développer différentes technologies laser permettant la fabrication de tissus biologiques complexes, principalement pour des applications dans l’ingénierie des tissus osseux et vasculaires. Dans ce but, le procédé d’impression par laser est utilisé afin d’organiser dans l’espace 3D, des cellules, des molécules ou encore des nanomatériaux.

Parallèlement, le deuxième objectif de ce programme, mené en étroite interaction avec le programme 1, consiste à développer un procédé laser permettant de contrôler les propriétés mécaniques matricielles, et de là, la différenciation des cellules mésenchymateuses humaines.

Ce projet ouvre de très nombreuses applications, non seulement pour l’ingénierie tissulaire et la reconstruction 3D de tissus, mais aussi à plus ou moins long terme pour la conception d’outils de recherche et de diagnostic miniaturisés, que nous cherchons à valoriser notamment avec des partenaires membres du pôle de compétitivité « Route des Lasers ».

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Pathologies et Biothérapie de l’Organe dentaire

L’EA 2496, « Pathologies et Biothérapie de l’Organe dentaire », est une équipe de l’Université Paris Descartes située dans la faculté de chirurgie dentaire. Cette équipe dirigée par Catherine Chaussain comprend 2 groupes, l’un travaillant sur les pathologies de la dent et l’autre sur les pathologies du parodonte.
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Notre équipe comprend 5 professeurs des Universités (C Chaussain ; A Poliard ; JL Saffar; P Lesclous, B Pellat) ainsi que 3 MCU rattaché (ML Colombier, M Cherruau, F Decup), une post-doc (Claire Bardet), 3 assistantes post-doc (Marjolaine Gosset, Céline Gaucher, Tchilalo Boukpessi), 5 doctorants (Jean Baptiste Souron, Benjamin Salmon, Cédric Mauprivez, Jiar Naji, Vinh TRAN Xuan) et des étudiants master. Un ingénieur de recherche (Dominique Le Denmat) spécialisé en imagerie, une ingénieure d’étude (Julie Lesieur) spécialisée en biologie molaire et 4 techniciens de laboratoire (Brigitte Baroukh, Annie Llorens, Cyril Willig, Aurélien Vernon) avec un fort dominant « modèles physiopathologiques » encadrent les étudiants et assistent les chercheurs.
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L’organe dentaire est l’ensemble fonctionnel constitué par la dent (émail, dentine et pulpe) et le parodonte qui l’environne, lequel comprend l’os alvéolaire, le ligament parodontal, le cément et la gencive. Le principal axe de l’équipe est d’utiliser des molécules de la matrice extracellulaire ou des peptides issus de leur dégradation ou encore des cellules souches (pulpaires ou du ligament parodontal) pour induire la régénération de la dent ou de son parodonte. Des approches in vitro sont combinées à des approches in vivo (étude de modèles physiopathologiques) afin de répondre à cet objectif. Le second axe consiste à étudier plus précisément le remodelage de l’os parodontal et en particulier le recrutement ostéoclastique. Enfin, un axe clinique étudie la biominéralisation de dents issues de patients avec des pathologies génétiques affectant la minéralisation du squelette et de la dentine.
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Axe 1 Biothérapie de l’Organe dentaire

Biothérapie par des molécules de la matrice. Notre explorons la possibilité de traitements biologiques à visée régénérative de la dent ou de son parodonte, par implantation de biomolécules issues de la matrice extracellulaire (protéines, peptides de dégradation de protéines de la matrice) ou des mimétiques des héparanes sulfates (RGTA). Les protéines de la matrice extracellulaire sont porteuses de domaines capables :
  • pour certains d’induire ou de réprimer une biominéralisation (domaine ASARM riche en acide aspartique et serine, commun à DMP1, DSPP, MEPE et OPN),
  • pour d’autres d’induire la prolifération cellulaire (domaine dentonine situé dans la région centrale de MEPE), ou
  • pour d’autres d’induire la différenciation de cellules précurseurs odontoblastique (isoforme amélogénine A-4, domaine situé en C-terminal de DMP1), ostéoblastique et cémentoblastique. Notre hypothèse est que certaines molécules matricielles ou des peptides résultants de leur dégradation auraient une bioactivité transposable en clinique dentaire.
in vitro : Nous travaillons sur des cellules pulpaires issues de culture primaire de pulpe humaine (dent temporaire/ dent permanente), murine et rat. Nous utilisons 1) soit une population hétérogène 2) soit une population enrichie en progéniteurs par tri à partir de marqueurs membranaires mésenchymateux. Les peptides sont testés sur ces cellules en conditions minéralisantes ou non.
in vivo : Modèle murin de parodontite induit par inoculation d’une bactérie gram- anaérobie très pathogène chez l’homme.

Modèles rongeurs de lésion pulpaire utilisés selon qu’une réponse à court terme (incisive) ou à plus long terme (molaire) est souhaitée. Des billes d’agarose sont implantées dans ces plaies pulpaires servant de transporteur aux différentes molécules bioactives.
Biothérapie par des cellules souches dentaires
L’analyse des cellules souches pulpaires a en particulier montré qu’elles présentaient des caractéristiques communes avec les cellules stromales de la moelle osseuse tant au niveau de leurs potentialités de différenciation que de leur empreinte moléculaire. Au laboratoire, nous testons le potentiel de réparation de cellules souches pulpaires dans un modèle d’effraction pulpaire chez le rat et dans un modèle de pulpotomie complète que nous avons développé.

Axe 2 Remodelage osseux

Une partie importante de l’activité du groupe os porte sur l’étude de la différenciation ostéoclastique dans l’environnement de l’organe dentaire. Un tissu régénéré ne devient fonctionnel que s’il se remanie pour s’intégrer au tissu non lésé environnant. Ceci est particulièrement vrai pour la composante parodontale de l’organe dentaire dans laquelle le remaniement physiologique est particulièrement élevé. Les ostéoblastes qui reconstruisent l’os alvéolaire contrôlent ce remodelage par le biais des communications qu’ils entretiennent avec les précurseurs ostéoclastiques, et dans lesquelles le système nerveux périphérique intervient de façon déterminante en modulant ce dialogue via les neurotransmetteurs libérés dans le tissu cible. Dans ce but, nous étudions la résorption de l’os parodontal en utilisant un modèle de rats sympathectomisés. Notre souhaitons aussi déterminer quelle voie sympathique (catécholaminergique ou cholinergique) contrôle la résorption en fonction de l’origine embryologique de l’os.
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Axe 3 Interface avec la clinique

Enfin une partie de l’activité du groupe est à l’interface avec la clinique, le groupe travaillant sur la caractérisation de dents de patients atteint de maladies rares du métabolisme du phosphate et du calcium. Ces dents sont collectées dans le cadre de l’examen odontologique des patients du Centre de référence des maladies rares du métabolisme du phosphate et du calcium- (responsable Dr Agnès Linglart). En effet, de nombreuses maladies génétiques affectant la minéralisation du squelette ont aussi une incidence sur la minéralisation de la dentine. Les odontoblastes, comme les ostéoblastes, expriment la plupart des protéines impliquées dans la minéralisation. En revanche, la dentine ne subit pas de remaniement physiologique car elle n’est pas impliquée dans la régulation du mécanisme phosphocalcique. La dent est donc un marqueur accessible (chute des dents de lait, extraction de dents de sagesse et des prémolaires pour traitement orthodontique) pour étudier la biominéralisation, en particulier dans un contexte pathologique.

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Unité de Nutrition Humaine UMR 1019 INRA/Université d’Auvergne

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Equipe Alimentation Squelette et Métabolisme (ASM)
image2.jpgLe principal axe de recherche de l’ASM est la prévention nutritionnelle de l’ostéoporose, l’objectif étant d’établir une stratégie intégrée de la prise en charge nutritionnelle de cette perturbation métabolique, basée sur la recherche des déterminants alimentaires majeurs et sur une meilleure compréhension des mécanismes physiologiques, cellulaires et moléculaires mis en œuvre. Cette approche cible les facteurs extracalciques.
Au niveau de l’organisme, la mise en place d’un contexte pathologique associé au vieillissement est corrélée à des dérégulations des métabolismes protéique, lipidique, glucidique et phospho-calcique. Cette situation métabolo-pathologique est caractérisée par une diminution du capital osseux (ostéopénie, ostéoporose), une atrophie musculaire (sarcopénie), une augmentation de la masse grasse (obésité, diabète de type 2) et une prévalence de l’apparition de certains cancers tels que ceux du sein et de la prostate. Parmi ces altérations, les atteintes de l’appareil locomoteur représentent un enjeu socio-économique majeur. Particulièrement invalidantes chez les séniors, les manifestations ostéoporotiques incluent une dégradation de la qualité de vie et une mortalité accrue.
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L’Equipe ASM a énergiquement contribué au concept selon lequel notre alimentation est un déterminant majeur de la santé osseuse. Notre nourriture fournit, en effet, non seulement les nutriments essentiels à la couverture des besoins métaboliques, mais aussi un panel de molécules actives pouvant contribuer au maintien d’une santé optimale. De façon pragmatique, l’objectif de l’équipe ASM est de déterminer la fonctionnalité des aliments (dans leur complexité, ainsi qu’à l’échelle des nutriments) dans différentes situations physiopathologiques fréquemment associées au vieillissement. Si la contribution majeure du calcium (et de la vitamine D) n’est plus à démontrer, il n’en reste pas moins qu’une supplémentation calcique n’est pas systématiquement vectrice d’une majoration du capital osseux. La prévention nutritionnelle de l’ostéoporose associant classiquement calcithérapie et vitamine D doit donc évoluer vers de nouveaux concepts qui, outre le respect de l’adéquation aux besoins liés à chaque stade physiologique, intègrent le potentiel exercé par certains nutriments et micronutriments.
Ainsi, le projet de l’équipe est conçu autour de la recherche de nouveaux nutriments protecteurs et de la caractérisation des réseaux moléculaires impliqués dans les régulations nutritionnelles qui peuvent être d’intérêt spécifique pour la santé osseuse. Le défi ultime est de développer une recherche translationnelle et donc de fournir les connaissances fondamentales pour l’amélioration des pratiques cliniques, afin d’optimiser la santé osseuse par des stratégies nutritonnelles en partenariat avec l’industrie agro-alimentaire.
Pour atteindre cet objectif, les travaux de l’équipe se concentrent sur les voies impliquées dans le remodelage osseux dans le cadre de manipulations alimentaires, notamment le stress oxydant, l’inflammation et la lipotoxicité.

Questions traitées

-Faute d’outils thérapeutiques dénués d’effets secondaires, la nutrition peut-elle préserver, voire optimiser le capital osseux ?

-Par quels mécanismes cellulaires et moléculaires ces nutriments modulent-ils la physiologie osseuse ?

-Comment traduire des résultats de recherche amont en investigations précliniques et cliniques, dans le cadre d’une recherche translationnelle ?

Les membres de l’equipe ASM

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Composition de l’équipe :

·Fabien Wauquier (Thèse : Acides gras), ·Mélanie Spilmont (Thèse : Polyphénols), ·Claire Philippe (Thèse : Stress oxydant), · Jean-Claude Tressol (Analyses minérales), ·Corinne Moundras (Expérimentation clinique), ·Sylvie Mercier (Expérimentation in vitro), ·Patrice Lebecque (Expérimentation pré-clinique), ·Marie-Jeanne Davicco (Expérimentation pré-clinique), ·Jean-Michel Ristori (Chef du service de Rhumatologie du CHU de Clermont-Ferrand), ·Laurent Léotoing (Post-Doctorat : Epigénétique), ·Yohann Wittrant (Chargé de Recherche), ·Véronique Coxam (Directrice de Recherche, Animatrice de l’équipe, Directrice adjointe de l’Unité)

Historique: Créée en 1966, l’équipe, alors intégrée à l’unité « Station de Physiopathologie de la Nutrition », s’est d’abord intéressée au métabolisme phospho-calcique chez le ruminant, notamment aux troubles osseux des animaux à haut potentiel de production. C’est à partir de 1995 qu’une dominante nutrition humaine et santé osseuse, développée par Véronique Coxam, apparaît au sein du groupe. En 2006, suite à la fusion de 3 unités de recherches pour formée l’actuelle Unité de Nutrition Humaine, l’équipe acquiert ses contours et sa thématique actuelle qu’elle centralise sur la prévention nutritionnelle des pathologies osseuses et notamment l’ostéoporose.

Appartenance à l’INRA: Premier institut de recherche agronomique en Europe, deuxième dans le monde, une des missions de l’Inra est de mener des recherches finalisées pour une alimentation saine et de qualité. Les recherches conduites par les 26 unités du département « Alimentation Humaine » (1 des 12 départements de l’INRA) visent à améliorer la qualité des aliments, préserver la santé des consommateurs et comprendre les comportements alimentaires afin de proposer une alimentation adaptée aux besoins et aux attentes. L’unité de Nutrition Humaine basée à Clermont-Ferrand est l’une des deux TGU (Très Grosse Unité) du département AlimH. Près de 200 personnes y sont réparties en une dizaine d’équipes pour étudier l’effet des aliments et de l’alimentation sur l’état nutritionnel et la santé dans le but de minimiser le risque de pathologies dégénératives. L’équipe ASM est en charge de la prévention nutritionnelle de l’ostéopororose.

Quelques publications

  • Wauquier F, Leotoing L, Coxam V, Guicheux J, Wittrant Y (2009) Oxidative stress in bone remodelling and disease. Trends in molecular medicine 15:468-477
  • Wittrant Y, Gorin Y, Mohan S, Wagner B, Abboud-Werner SL (2009) Colony-stimulating factor-1 (CSF-1) directly inhibits receptor activator of nuclear factor-{kappa}B ligand (RANKL) expression by osteoblasts. Endocrinology 150:4977-4988
  • Trzeciakiewicz A, Habauzit V, Mercier S, Lebecque P, Davicco MJ, Coxam V, Demigne C, Horcajada MN (2009) Hesperetin stimulates differentiation of primary rat osteoblasts involving the BMP signalling pathway. J Nutr Biochem
  • Mardon J, Habauzit V, Trzeciakiewicz A, Davicco MJ, Lebecque P, Mercier S, Tressol JC, Horcajada MN, Demigne C, Coxam V (2008) Long-term intake of a high-protein diet with or without potassium citrate modulates acid-base metabolism, but not bone status, in male rats. J Nutr 138:718-724
  • Brink E, Coxam V, Robins S, Wahala K, Cassidy A, Branca F (2008) Long-term consumption of isoflavone-enriched foods does not affect bone mineral density, bone metabolism, or hormonal status in early postmenopausal women: a randomized, double-blind, placebo controlled study. Am J Clin Nutr 87:761-770


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    Crédit photos : Odile Bernard

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Laboratoire des Sciences de l’Environnement Marin

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Christine Paillard

Equipe “Pathologie de la calcification des mollusques et modulations environnementales”

Objectifs

  • Caractériser les anomalies de calcification et les processus de réparation coquillière.
  • Evaluer le rôle des fluides extrapalléaux et hémolymphatiques dans ces processus
  • Identifier des protéines des matrices organiques impliquées dans la guérison
  • Etudier les modifications à l’échelle cellulaire et moléculaire. Reprogrammmation?
  • Identifier des marqueurs génétiques associés aux processus de guérison

2 modèles hôtes présentant des anomalies de calcification (Palourde et Ormeau)

Palourde japonaise, maladie de l’anneau brun, due à Vibrio tapetis (maladie d’ eaux froides)

Palourde japonaise, maladie de l’anneau brun,due à Vibrio tapetis (maladie d’ eaux froides)

La guérison coquillière chez la palourde

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Section transversale d’une coquille de palourde totalement réparée montrant 3 dépôts bruns successifs (flèches) dont 2 analysés. Cartographies ioniques acquises avec une microsonde WDS, cartes du C, du Ca, du S, du Sr et du Na. Photo de la zone analysée au microscope réfléchie, E : Extérieur, I : Intérieur (Trinkler et al., 2010).

Personnels du LEMAR impliqués et leurs compétences dans cette problématique

  • Fabienne Guérard (PR Biochimie, phénoloxydase)
  • Vianney Pichereau (PR Protéomique, matrices coquillières, manteau et immunité)
  • Nicolas De Courcelles (MCF Biochimie et phénoloxydase)
  • Jonathan Flye Sainte Marie (modélisation MAB palourde)
  • Maylis Labonne (Ingénieur, éléments traces otolithes et coquilles)
  • Nolwenn Trinkler (ATER) (réparation coquillière)
  • Fanny Jeffroy (Doctorante, marqueurs génétiques associés à la résistance)
  • Franck Brulle (Post doct. marqueurs génétiques manteau et hémocytes palourde)
  • Christine Paillard (CR1 CNRS, Pathologie de la calcification).

Quelques publications de référence du LEMAR sur cette thématique

  • ALLAM B. & C. PAILLARD. 1998. Defense factors in extrapallial fluids of clams. Dis. Aquat.Org. 33 : 123-128. PAILLARD C. 2004. Review of brown ring disease, a vibriosis affecting clams. Aquat. Living Ress. (“Special issue on diseases » 17. 467-475.
  • PAILLARD C., LEROUX F. & BORREGO J.J. 2004. Bacterial Disease in marine Bivalves : Review of recent studies. Trends and evolution. Aquat. Living Ress. (“Special issue on diseases”,
  • PAILLARD C., MAES P. & OUBELLA R. 1994. Brown ring disease in clams. Annual Review of Fish Diseases, Vol 4: 219-240.PAILLARD C. & MAES P. 1995. The brown ring disease in manila clam, Ruditapes philippinarum. Part 1 : Ultrastrucural alterations of the periostracal lamina. J. Invertebr. Path., 65, 91-100.
  • PAILLARD C. & MAES P. 1995. The brown ring disease in manila clam, Ruditapes philippinarum . Part 2. Microscopic study of the brown ring symptom. J. Invertebr. Path., 65, 101-110.
  • FLYE SAINTE-MARIE J., S. POUVREAU, PAILLARD C & JEAN F. 2007. Impact of Brown Ring Disease on the energy budget of the manila clam, Ruditapes philippinarum. J. exp. Mar. Biol. and Ecol. 349 (2), 278-389.
  • FLYE SAINTE-MARIE J., JEAN F., PAILLARD C., FORD S. E., POWELL E. HOFMANN E & KLINCK J. 2007. Ecophysiological dynamic model of individual growth of Ruditapes philippinarum. Aquaculture. 266, 130-143.
  • FLYE SAINTE-MARIE J., JEAN F., FORD S. E. & C. PAILLARD. 2008. Effect of sediment grain-size on development of brown ring disease in the Manila clam Ruditapes philippinarum. Aquaculture 278. 184–187.
  • TRINKLER, N.; LABONNE, M.; MARIN, F. JOLIVET, A. BOHN, M. POULAIN, C. BARDEAU JF; PAILLARD, C. 2010. Clam shell repair from the Brown Ring Disease: a study of the organic matrix using Confocal Raman micro-spectrometry and WDS microprobe. Analytical and Bioanalytical Chemistry (sous presse)
  • FLYE SAINTE MARIE, J., JEAN, F., PAILLARD, C., KOOIJMAN, S.A.L.M.. 2009. A quantitative estimation of the energetic cost of brown ring disease in the
  • Manila clam using RINKLER N; SINQUIN G.; QUERNE J; PAILLARD C. 2010. Resistance to Brown Ring Disease in manila clam, Ruditapes philippinarum: A follow-up of selected stocks showing recovery process by shell repair. J. Inv. Pathol. (sous presse)
  • PAILLARD C. & LE PENNEC M. 1993. Ultrastructural study of the mantle and the periostracal lamina in the manila clam, Ruditapes philippinarum. Tissue & Cell, 25 (2): 183-194.